Le TPE
Chirurgie Plastique
Introduction
La chirurgie plastique est une spécialité chirurgicale qui vise à modifier, réparer ou embellir les tissus. En France, le Syndicat National de Chirurgie Plastique Reconstructrice et Esthétique distingue la chirurgie plastique en deux catégories : la chirurgie réparatrice et la chirurgie esthétique.
La chirurgie réparatrice peut-être défini comme une spécialité qui vise à rendre une partie du corps “ anormale ” “normale ” à l’aide de la chirurgie. Cette définition couvre l’ensemble des traumatismes faisant suites à des accidents, des maladies variées ou encore des malformations congénitales. La chirurgie esthétique est définie comme une spécialité qui vise, quant à elle, à embellir une partie du corps à l’aide de la chirurgie, sans qu’il n’y aie de nécessité médicale; sur un corps, ou une partie du corps, dite “saine”. Il est important de distinguer ces deux types de chirurgies, d’autant qu’elles tendent parfois à se confondre. La modification du corps humain, particulièrement du visage, pose des problèmes éthiques depuis son invention. La chirurgie esthétique a-t-elle sa place dans la médecine ?
Historique
La création véritable de la chirurgie plastique est, comme l’invention des prothèses, difficile à dater. Il semble que l’être humain aie, de tout temps, essayé par le biais de la chirurgie ( même primaire, c’est à dire par des mutilations ) de modifier son corps. Les premières traces de chirurgies plastique remontent à treize siècles avant J.C. Certaines momies de l’Egypte Antique portent des traces montrant que leurs oreilles ont étés recollées de leur vivant. Il s’agit là de chirurgie esthétique, puisqu’elle visait à embellir un corps sain.
Dans la Grèce Antique, on trouve aussi quelques chirurgiens, dont le plus connus est Hippocrate, qui réparent les os cassés du nez en mettant dans ce nez un rembourrage permettant de restructurer le nez pendant sa guérison. C’est donc ici un cas de chirurgie réparatrice, puisqu’elle vise à rendre à un corps ( le nez ) abîmé sa forme d’origine. Six siècles avant J.C. les Bysantins posent les bases de la chirurgie mammaire et de la réparation des cicatrices.
L’obscurantisme Moyenâgeux et la régulation de la médecine par l’Eglise empêchent toute avancée dans la chirurgie plastique pendant des siècles. Accusé de modifier l’œuvre du Créateur, les quelques chirurgiens sont pourchassés pour sorcellerie.
A la Renaissance, les duels à l’épée et les guerres relancent la nécessité de la chirurgie plastique. Gaspare Tagliacozzi, né en 1546 et Italien de son état, invente la technique de “Greffe à l’Italienne” qui consiste à greffer de la chair du bras sur un nez, une lèvre ou une oreille mutilée. Il devient très célèbre et son oeuvre est qualifiée de “miraculeuse”. Son travail lui vaut la direction du secteur chirurgicale de l’université de Bologne en 1570. Sa technique de greffe, utilisée jusqu’au milieu du XXe siècle, est révolutionnaire et lui vaut aujourd’hui le titre de précurseur de la chirurgie plastique. Finalement, à sa mort en 1599, l’Eglise juge son oeuvre “impie” et jette son corps à la fosse commune, avant de condamner la chirurgie plastique pendant presque deux siècles.
Au XIX, la chirurgie plastique progresse et se diffuse. Les chirurgiens sont de plus en plus compétents et conscient des limites de la chirurgie. Ces limites sont l’infection, l'hémorragie et la douleur. L’absence de produits permettant de luter contre ces limites empêche la progression de la chirurgie. Lors des guerres en Russie, on découvre que le froid intense permet de meilleurs conditions d’amputations, mais en l’absence d’anesthésiques, la limite humaine face à la douleur est toujours une limite principale. C’est aussi le siècle ou se développe la rhinoplastie ( chirurgie du nez ) et l’otoplastie ( chirurgie des oreilles ) à des fins réparatrices ou esthétiques.
Pendant la Guerre de Sécession se développe la chirurgie plastique de reconstruction du palais, des paupières, du menton et des lèvres. Gordon Buck publie “Reparative Surgery” ou il expose ses travaux, appuyés par des photographies. Il est l’un des premier à reconnaître que la reconstruction faciale des soldats facilite leur réintégration dans la société.
C’est aux Etats Unis que se naît la chirurgie esthétique moderne.
Jacques Joseph, à Berlin, s’emploie lui aussi à la publication de ses travaux, en insistant sur l’usage des mêmes conditions de photographie pour chaque travaux, comportant une photo et avant et après l’opération. Il est l’un des premiers chirurgiens à s’intéresser à l’impact psychologique des opérations de chirurgie plastique.
La violence des combats de la guerre de 1914-1918 provoque une avancée considérable de la chirurgie plastique. Le nombre important de “Gueules cassées” nécessite l’intervention de tout les chirurgiens, qui mettent en commun leurs pratiques et leur expérience. Nombres de ces chirurgiens se reconvertiront dans le domaine de la chirurgie esthétique.
Au début du XXe siècle, Suzanne Noël, une chirurgienne française, se lance dans les premiers liftings, remodelage fessier et mammaires. Elle publie ses travaux dans son livre “La chirurgie esthétique : son rôle social”. Elle est convaincue que la chirurgie esthétique entraîne des améliorations psychologiques. Au Etats Unis, la chirurgie esthétique se popularise à une vitesse extraordinaire. On distingue alors deux types de chirurgiens : les “puristes” qui ne jurent que par la chirurgie réparatrice, et les autres qui sont près à tout pour le profit. Cette popularisation est accélérée par l’usage massif de publicités.
Dans la deuxième moitié du XXe siècle, la chirurgie esthétique s’intègre encore plus vite dans la société : la recherche de la beauté juvénile augmente le nombre de liftings et d’implants prothétiques mammaires. La liposuccion ( opération consistant à enlever les surplus graisseux ) fait son apparition en 1977 et est très vite popularisée. Le développement des prothèses et de la médecine moderne poursuit la modernisation de la chirurgie plastique au XXe siècle.
Problèmes éthiques
Chirurgie esthétique : un traitement psychologique ?
La chirurgie esthétique semble impossible, par son principe même, à intégrer dans le principe de la médecine. En effet, si la technique est la même que pour la chirurgie réparatrice, elle implique d'opérer des corps sains, ce qui n’a pas de sens dans le domaine médical.
De nos jours, il semble de plus en plus ancré dans la société la beauté procure le bien être. Ainsi, on pourrait justifier la chirurgie esthétique en médecine comme un traitement psychologique. Une intervention pourrait par exemple être utile dans un cas de complexe d'infériorité. Cependant, aucun test ou sondage ne prouve l’effet bénéfique supposé, ni que l’action soit plus efficace qu’un traitement psychologique “classique”. De plus, même dans l’éventualité de l’acceptation de la chirurgie esthétique, dans un but de traitement psychologique, un autre problème est soulevé : comment juger quand il est nécessaire d’en arriver à la chirurgie ?
Une vision psychologique de la chirurgie esthétique semble donc être la seule façon d'intégrer cette dernière à la médecine. Cependant, il est pour l’instant impossible de juger précisément ses effets sur l'état psychologique de l’être humain.
Le problème de la religion
Les différentes religions ont des points de vue relativement flous au sujet de la chirurgie plastique. En effet, autant dans la religion chrétienne, musulmane ou juive, il est mal toléré de modifier “ l’oeuvre du créateur ”. Cette “profanation” est souvent accompagnée d’un “châtiment divin” d’après les livres saints.
Il est cependant mentionné que la chirurgie peut être tolérée dans le cas d’une réparation, bien souvent pour mieux se réintégrer à la société. Le problème est : où est la limite entre “l’oeuvre du créateur” et l’accident ? Comment juger, par exemple, le cas d’un individu aux oreilles particulièrement décollées ? Dans ce cas le corps est sain et naturel, cependant il peut être un problème pour l’intégration de l’individu. La limite entre nécessité et esthétique est-elle là même pour la religion que pour la médecine ? Même dans le cas d’un accident, comment juger ou s’arrête “la volonté de Dieu” et le hasard de l’accident ?
Ainsi, il est difficile pour nombre de croyants de pratiquer la chirurgie plastique sans se confronter aux principes religieux, la limite fixée par les livres saints étant particulièrement floue.
La greffe de visage
La greffe de visage est une innovation majeure du XXIe siècle dans le domaine de la chirurgie plastique. C’est une opération de chirurgie réparatrice qui vise à rendre à un individu un visage “décent” qui lui permettrait à l’individu de retrouver “une apparence humaine”.
Une greffe partielle de visage est une greffe, depuis un même individu décédé, d’une ou de plusieurs parties de visage sur un individu dont le visage a été gravement déformé. C’est une opération très lourde. La greffe totale de visage est un concept encore abstrait. On peut considérer qu’une greffe de visage est “ totale ” quand elle implique de greffer, depuis un même individu, plus de 80% du visage.
En 2010, en Espagne, a été réalisée une opération qui est revendiquée comme la première greffe totale de visage au monde. Il a été greffé : toute la peau et les muscles du visage, ainsi que le nez, les lèvres, l'os maxillaire supérieur, les dents, le palais et les pommettes. Cependant, certaines opérations similaires ont été réalisées, en France, au Etats Unis et au Royaume Uni, qui sont eux aussi revendiqués comme les premières greffes totales.
La greffe du visage est singulièrement plus différent qu’une greffe d’un organe tiers, comme un rein ou un foie. Le visage représente l’identité même de la eprsonne, très différent des autres organes qui sont quasiment “identiques” pour chaque individu. Ainsi, la question de limite éthique est particulièrement importante, car l’opération implique de rendre à un individu le visage d’un défunt. Des simulations par ordinateur ont cependant montré que la famille du défunt ne pourrait pas reconnaître le visage du mort sur la personne opérée.
La greffe de visage implique également de hauts risques de rejet, jusqu’à 30% de chance de rejet les dix premières années. Elle implique également la prise à vie de médicament anti-rejet, impliquant des effets secondaires sur l’organisme.
La greffe de visage est donc une opération très lourde, qui implique un “transfert” de visage et des opérations qui ne peuvent garantir des résultats parfaits, compte tenus de la dureté des déformations nécessitant ces greffes. Il est donc nécessaire, dans le cas de ces opérations, que chaque acteurs ( chirurgiens, patients, familles des donneurs ) soient conscient qu’ils participent à une avancée majeur de la chirurgie, qui implique de hauts risques médicaux et dont les effets ne sont peut-être pas encore tous déterminés.
Conclusion
La Chirurgie Plastique divise les médecins et autres pratiquants. Bien qu’elle soit indispensable à la médecine; dans une optique de guérison psychologique et physique des blessés; et résultante d’une volonté innée et intemporelle de modification de son physique, on perçois aujourd’hui avec, l’essor de la chirurgie esthétique, l’urgence de répondre à une question fondamentale : ou s’arrête le soin, ou commence l’esthétique “pour le loisir” ?
Bien que, de mon point de vue, il paraisse logique d’autoriser la chirurgie plastique uniquement sur des blessés, ou commence la nécessité ? Comment juger par exemple les cas d'obésité ?
Nous avons ici, je l’espère, éclairé plus précisément le sujet de la Chirurgie Plastique et des problèmes éthiques qui en découle; afin je l’espère, de permettre un débat productif permettant, peut-être, de répondre à ces questions éthiques.