Travaux Personnels Encadrés

La Bioéthique

Le TPE

Les Prothèses

Introduction

Une prothèse, est, par définition, un dispositif artificiel ( externe ou interne ) visant; dans la mesure du possible; à remplacer ( entièrement ou en partie ) une fonction, un organe, un membre, une articulation ou un tissu d’un individu. Une prothèse est utilisée lorsque la fonction de l’organe ou membre de base est compromise. Il existe des prothèses pour la quasi totalité des membres et tissus du corps humain. Une prothèse a également pour objectif de reproduire la forme de l’organe ou du membre.

Il existe aujourd’hui de nombreux problèmes éthiques quant aux prothèses. L'avancée technologique des prothèses, l’essor des sportifs handicapés dotés de prothèses spécialisées et les polémiques autour de prothèses potentiellement dangereuses relancent régulièrement les débats, confrontant éthique, progrès, médecine et profit.

Généralités

Tout d’abord, il est important de distinguer les prothèses ( du latin Prothesis, littéralement “ pour “ et “ appui “ ) des Orthèses ( du grec Ortho ( position ) et Thesis ( droit ) ), une Orthèse étant un appareil externe et indépendant du corps ( exemple : béquilles, atèle, fauteuil roulant ) qui assiste le corps dans une phase de rééducation ou de repos.

Historique abrégé des prothèses

On considère que la nécessité d’avoir des prothèses est liée à l’instinct de survie; on date donc leur invention à la Préhistoire. Cependant la plus vieille prothèse découverte pour l’instant date d’il y a environ 3000 ans, sur une momie de l’Egypte Antique. C’est une prothèse d’orteil en bois sculpté, attaché au pied par une bande de cuir cousue.

première prothèseOn retrouve de nombreuses traces écrites datant de l'Antiquité, qui mentionne l’existence de prothèses. Les prothèses de l’époque sont relativement simples, fabriquée avec du bois et comportant parfois des articulations basiques ( genou, cheville ). Au Moyen-Âge, on retrouve peu de traces de la conception et de l’utilisation des prothèses. On sait tout de même que les prothèses étaient principalement à but fonctionnel, tels les crochets (visant à remplacer une main amputée ) ou les jambes de bois ( voir image ). Les plus riches pouvaient tout de même s’offrir des prothèses reproduisant fidèlement la forme des membres. Les prothèses restent alors relativement simples et lourdes, leur fabrication est artisanale et compliquée, donc difficile d’accès. Leur utilisation est donc rare.

L’essor de la chirurgie à la Renaissance permet une complexification des prothèses. Au XVI se développe également de nouvelles techniques d’amputation, grâce à la cautérisation au fer chaud. Ces techniques d’amputation permettent une meilleur accessibilité des prothèses.amputés
Les grandes guerres entre 1800 et 2000 ( Guerre de Sécession, Guerre Mondiale ) provoquent l’apparition d’un grand nombre de blessés de guerre; tels que les “Gueules Cassées” de la 1ere Guerre Mondiale ( voir photo ci-contre ). Le nombre impressionnant et toujours croissant d’amputés ( on en compte environ 30 000 pour la Guerre de Sécession et plusieurs millions pour la 2nd Guerre Mondiale ) provoque un fort essor de la médecine prothétique et l’industrialisation de la fabrication des prothèses. Cet essor est encouragé par le soutien financier des Etats touchés par les guerres.
La modernisation des prothèses se poursuit tout le long du XXe et du XXIe siècle, avec par exemple des prothèses telles que les “ Xfinger “, des doigts artificiels fonctionnant grâce à un astucieux mécanisme basé sur des ressorts. Le tout est fixé sur le moignon restant du doigt amputé. ( voir photo ci-contre )prothèse doight

B - Les Prothèses haute technologie

La découverte et l’invention de nouveaux matériaux, la modernisation fulgurante de la médecine, de l'électronique et de l’informatique a permit un développement important des prothèses. Elles sont aujourd’hui plus légères, plus perfectionnées et plus pratiques que jamais. Le XXIe siècle est un siècle d’innovations majeures pour les prothèses : on parle de bioprothèses et de neuroprothèses.

Une bioprothèse est une prothèse qui “ cohabite “ avec le corps humain. Cette cohabitation, ou compatibilité avec le corps humain peut-être rendue possible par divers procédés.

Les prothèses remplaçant des articulations; les plus communes étant les prothèses de la hanche et de l’épaule; sont rendues biocompatibles par une reproduction quasi-identique de la morphologie de l’articulation originale, et par l’utilisation de matériaux permettant un glissement et une intégration presque parfaite dans le corps humain. Par exemple, l’implant de la hanche en polyéthylène est caractérisé par la même densité que le tissu osseux original.

Les prothèses cochléaires sont des implants visant à réparer la fonction auditive endommagée d’un patient atteint d’une surdité plus ou moins aiguë. Le premier type d’implant, pour les patients atteints d’une surdité modérée, amplifie les sons, tandis que le second, pour les patients atteints d’une surdité sévère, analyse les sons puis envoie un signal correspondant dans le nerf auditif.

Les prothèses valvulaires sont des implants reproduisant une partie, plus ou moins importante, du muscle cardiaque. Ces prothèses sont des répliques du mécanisme du coeur, en matériaux synthétiques. Elles servent à remplacer une partie du coeur endommagée, par exemple suite à un infarctus. Il existe également des prothèses esthétiques biocompatibles, comme les prothèses mammaires. Placée derrière le muscle, elles augmentent le volume de la poitrine.

Une neuroprothèse est un implant relié aux nerfs du corps humain, afin de contrôler la prothèse par la pensée. La prothèse est reliée soit aux nerfs des muscles restants ( dans le cas d’une amputation, par exemple ) soit directement au cerveau ( par exemple dans le cas d’un patient tétraplégique ). Une neuroprothèse peut donc être contrôlée directement par la pensée, en théorie comme un membre valide. Ainsi, en décembre 2012, des chercheurs américains sont parvenus; grâce à un nouveau programme copiant le mécanisme cérébrale dirigeant une main; à augmenter l’efficacité d’une neuroprothèse de la main. Le taux de succès dans les tests s’élevaient au dessus des 90%. Les neuroprothèses de main constituent aujourd’hui un marché en plein développement économique. ( exemple de compagnies )

Des yeux bioniques, ainsi que des cornées bio-syntéthiques, sont aujourd’hui en développement. Ces prothèses visent à rendre la vue à des personnes souffrant de déficiences visuelles. La question de prothèses visuelles est de plus en plus urgente, à la vue du nombre croissant des demandeurs de greffe de cornée.

D’autres projets plus ambitieux, visent à créer des prothèses ajoutant de nouvelles fonctions au corps. Un projet vise depuis une quinzaine d’année à créer un oeil bionique, permettant à l’oeil d’enregistrer les images reçuent. Des lentilles et des lunettes usant du principe de réalité augmentée, sont en développement dans des université au Royaume Uni. Ces lentilles et lunettes permettraient à l’utilisateur de voir des données interagissant avec son environnement. Relié à un périphérique externe tel qu’un smartphone, il pourrait, par exemple, afficher le nom d’une personne lorsque le visage est vu, ou encore afficher le chemin à suivre à la manière d’un GPS. De tels projets sont en cours de développement depuis de nombreuses années et sont encore aux premières phases de développement.

Une Question Ethique

Des conflits actuels

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, les questions d'éthique autour des prothèses ne sont pas qu’affaire d’éventualités futures.

L’utilisation de prothèses divise les opinions autour du sport : les prothèses proccurent-elles un avantage aux sportifs handicapés, par rapport aux sportifs valides ? Certains cas sont particulièrement médiatisés. Par exemple, Oscar Pistorius; athlète Sud-Africain; à créé une polémique en participant aux Jeux Olympique en 2012. Cet athlète est amputé au niveau des genoux. Il court avec des prothèses en carbone, qui lui permettent d’avoir des performances de courses similaires aux coureurs valides. Une étude à été réalisée, ne démontrant aucun avantage, mais les conditions du test restent floues. Ainsi, les avis sont divisés. Peut-on autoriser des athlètes à courir avec les valides, avec l’éventualité que leurs prothèses leur procurent un avantage ? Au contraire, n’est-ce pas une sorte de discrimination envers les handicapés, que de refuser l’accès au courses contre les valides, alors que certains test démontrent que leurs performances sont similaires ?

Un humain “ amélioré ” ?

La notion de “cyborg” est communément utilisée depuis 1960 pour désigner un organisme vivant; généralement humain; “amélioré” avec un ou plusieurs implants mécaniques. Le terme “cyborg” s'emploie surtout en science-fiction. Dans l’absolu, un humain possédant une prothèse telle qu’une main artificielle, ou un implant auditif, peut être considéré comme un cyborg. Le terme cyborg désigne implicitement un être ayant un pourcentage non négligeable de son corps en matière “mécanique”. Ces implants visent généralement à augmenter l’efficacité ou à ajouter des fonctions au membre remplacé ou amélioré.

Le concept de “post-humain” et le transhumanisme sont directement liés à la notion de cyborg. Un “post-humain” est défini par les transhumaniste comme un futur être potentiel dont les capacités de bases dépassent largement celles d’un humain actuel. Il est important de préciser qu’un post-humain a soit été un humain; soit eu des ancêtres humains. Ainsi il n’y a pas de transition claire entre un humain “amélioré” ( disposant de prothèses par exemple ) et un post-humain. Le transhumanisme est un mouvement intellectuel qui prône l’usage des sciences pour “améliorer” l’être humain et ainsi s’approcher au mieux, voir même à atteindre le concept d’un post-humain.

On considère généralement que le transhumanisme n’est que l’expression d’une volonté universelle d’amélioration de l’être humain. Ainsi, on considère les récit d’épopées antiques, telles que l’épopée de Gilgamesh ( récit datant du XVII siècle avant JC ) ou tout autre récit antiques contant l’histoire de héros à la recherche de l’immortalité comme les premières traces écrites de pensées transhumanistes.

L’avancée spectaculaire des technologies et de la médecine au XXe et au XXIe siècle amplifient les conflits d’idées. Certains soutiennent que les prothèses sont la voie pour l’amplification des capacités de l’être humain, voir la voie vers le nouvel échelon de l’espèce humaine. D’autres pensent que l’amplification de l’être humain changerait sa nature, le rapprochant plus de la machine que de l’humain. Certains encore soutiennent que les prothèses doivent servir uniquement à sauver des vies et à rendre aux personnes handicapés leurs capacités d’origine.

Les penseurs dit “ positifs “, qui voient les prothèses comme bénéfiques pour l’humanité, soutiennent que l’amplification des capacités et l’ajout de nouvelles fonctions; tels que les lentilles usant de la réalité augmentée ou l’oeil bionique. Il est indéniable que dans notre société de consommation, ces gadgets s’inscriraient parfaitement dans le modèle économique.

Les penseurs “ pessimistes “ voient dans l’éventualité de “l’augmentation” de l’être humain une porte ouverte sur la catastrophe. Voyant les capacités offertes aux personnes ayant besoin d’un membre mécanique, il va sans dire que nombre de personnes valides voudraient accéder à de telles capacités. Dans la société de consommation actuelle, il parait évident qu’aucune institution ne voudraient se priver d’un tel profit économique. Un nombre important de personnes seraient alors liés à des entreprises, car dépendantes d’elles par leurs parties du corps que ces entreprises fabriquent. Alors, l’emprise de ces institutions sur le corps de tant de personnes ne seraient-elles pas un pouvoir trop grand et trop dangereux ? Puisque tous les individus ne peuvent pas s’offrir l’augmentation de leurs capacités physiques, les différences entres riches et pauvres ne seraient-elles pas trop renforcées, causant un conflit social important ?

D’autres encore pensent que le sauvetage de vies humaines, ainsi que l’accès pour les personnes handicapées à des capacités normales, passe avant ces autres considération.

Conclusion

Les points de vue vis-à-vis des prothèses sont donc divers, bien que tous fondés. Si il est indéniable que le sauvetage de vies humaines est une priorité, il ne faut pas perdre de vue que le développement des prothèses inquiète; actuellement par la possibilité d’injustices au niveau sportif, mais demain à de bien plus grandes échelles, par l’éventualité d’une altération de l’espèce humaine, et par conséquent de nombreuses catastrophes sociales et morales. Peut-on autoriser que l’homme améliore son corps à tout prix ? Peut-on laisser les scientifiques et des institutions jouer aux dieux ?
Nous ne pensons pas que l'Homme doit pouvoir utiliser les prothèses jusqu'à pouvoir améliorer ses performances, ou remplacer certains de ces membres, dans l'unique but de devenir un "homme-machine", mais que les prothèses doivent rester uniquement un outil médical qui permet à des patients de retrouver l'usage de leur corps, même artificiellement.

Dieu ou Homme