Travaux Personnels Encadrés

La Bioéthique

Le TPE

MODIFICATIONS GÉNÉTIQUES

Aujourd'hui, l’avenir de la médecine et notamment la remision de maladies incurables voir génétiquestout aussi bien que de cancers, réside dans la thérapie génique. Celle-ci consiste à modifier le patrimoine génétique d’une cellule défaillante pour lui permettre de reprendre sa fonction normale. Ces modifications permettent ainsi de guérir des maladies mais peuvent aussi, si elles sont effectuées sur des cellules oeufs permettre de créer une descendance “sur mesure”.

Il est donc aujourd’hui justifié de se demander: Dans quelles mesures, peut-on apporter des modifications génétique sur des cellules oeufs/embryon.

GÉNÉRALITÉS SUR LES MODIFICATIONS GÉNÉTIQUES

La technique de la modification génétique s’apparente ici à celle de la thérapie génique, c’est à dire l’introduction par différents moyens d’une portion de gène saine à l'intérieur du patrimoine défectueux d’une cellule ; elle permet donc de complémenter un allèle mutant défectif par un allèle fonctionnel ou à sur-exprimer une protéine dont l'activité aurait un impact thérapeutique.

Historique des modifications génétiques

Le concept de thérapie génique est évoqué par la communauté scientifique dès 1960 ; tout les éléments théoriques sont dès lors présents mais les techniques de l’époque ne permettent pas de mettre en place de tels procédés.

L’histoire de la modification génétique débute dès 1978 avec l’isolation et l'identification des premiers gènes humains. Cela entre autres expériences menées à l’époque a permis de prouver le lien entre des gènes défectueux et certaines maladies génétiques mis en évidence 6 ans plus tôt dans un article du Science Réf. Ces gènes dysfonctionnels sont donc la cause de bien des maladies et cela à cause d’une production trop faible d’une protéine spécifique ou du fait quelle présente une anomalie.

En 2001, on arrive à empêcher la production d’une protéine spécifique par l’introduction dans une cellule d’ARNi (interfèrent) ; ces molécules sont trop sensibles et sont donc vite dégradées par les nucléases de ce fait elles ne peuvent conserver leur intégrité dans le corps humain. Un an après, on découvre les ARNsh qui apparaissent comme étant une méthode puissante pour réduire l’expression d’un gène cible.

L’année 2009 est marquée par une avance significative dans la thérapie génique. En effet, des chercheurs de l’université de Floride et de Washington ont été capables de donner une vision trichromatique à une espèce de singe. Cela permet un peu d’espoir pour le traitement du daltonisme chez les humains. Dans le même temps d’autre scientifiques ont réussi à enrayer une maladie fatale du cerveau (adrenoleukodystrophie).

Transgénese et vecteurs viraux

Le but de la thérapie génique est, vous l’aurez compris, d’insérer dans le patrimoine génétique d’un individu malade une portion de gène saine qui permettra à la cellule de reprendre sa fonction normale. Pour ce faire, on utilise un procédé appelé transgénèse. La technique consiste à identifier le gène défectueux puis à en synthétiser in vitro une copie saine. Pour cette dernière étape on utilise différents vecteurs. L’avantage de cette méthode est qu’elle permet de faire des échanges de gènes entre espèces et cela avec pureté et rapidité. Cependant cette technique ne permet d'insérer en une fois qu’une petite portion de gène.

La transgénèse implique plusieurs étapes : (cette description illustre la méthode générale, en effet dans le cas d’une modification d’un embryon il n’est pas nécessaire d'insérer des séquences discriminantes car on ne modifie que peu de cellules)

  • On commence par identifier le gène d'intérêt, c’est le gène qui est responsable d’une caractéristique utile. C’est celui-ci que l’on injectera à la place du gène défectueux.

  • Après l’avoir identifié, il faut construire le transgène. Pour cela, on construit une séquence nucléotidique décomposée en trois parties, la séquence codante de la protéine d'intérêt, un gène promoteur en amont de cette séquence, accompagné de séquences régulatrices; puis, à la fin un codon stop. Les séquences régulatrices sont très utiles, elles permettent d’orienter l’expression du gène ou de la limiter à une partie de l’organisme voir à un stade de son développement

  • L’injection de ce gène dans un vecteur est l’étape suivante ; ce vecteur est le plus souvent un virus. Ce vecteur peut comporter des séquences de régulations, réplications ou encore des marqueurs de sélections. Les séquences de régulations sont obligatoirement adaptées à l’organisme receveur.

  • Avec la pénétration de l’ADN dans la cellule, on assiste à une transformation de l’organisme cible grâce à l'intégration de l’ADN. On utilisait il y a quelques années, pour faire rentrer l’information dans la cellule, de multiples procédés qui permettaient la perméabilisations de la membrane (levures, bactéries, micro billes) ; aujourd’hui, les vecteurs viraux sont plus surs et plus efficaces.

  • La sélection des cellules mutées se fait grâce à l’injection d'éléments discriminants dans le transgène. A la suite de cela les cellules mutées vont développer une résistance, par exemple à un antibiotique. Celui ci sera mis dans le milieu de culture permettant ainsi de séparer les cellules mutées des autres.

Les vecteurs utilisés pour la transgénèse sur des êtres vivants sont essentiellement viraux. En effet un virus a pour particularité de modifier le génotype de la cellule dans laquelle il a élu office, cela lui permet, en temps normal de se reproduire. Les virus utilisés en thérapie génique ne sont pas pathogènes (n’ont pas de conséquences néfastes sur la santé), on leur a retiré au préalable tous les gènes qui pourraient avoir des conséquences néfastes sur l’organisme. Le virus le plus utilisé aujourd’hui est celui du VIH, il sert de base et permet l’inplantation dans une cellule du(des) gène(s) que l’on lui a implanté.

QUESTIONS ÉTHIQUE ET EUGÉNISME

Comme pour toute avancée scientifique significative la thérapie génique pose quelques problèmes éthiques et essentiellement de par ses dérives qui consistent à changer le patrimoine génétique des embryons. Cette question divise les mentalités et oppose les “pros” qui pensent que cette technique permettra de soigner dès la naissance des maladies génétiques ; contre les “antis” qui croient que ces pratiques mènerons à des dérives menant à la création d’êtres “améliorés”.

Pouvoir modifier le génome d’embryons a tout de même de nombreux avantages. On peut citer entre autre le fait que l’on pourrait soigner des maladies avant même qu’elles ne se soit vraiment déclarées. Cela est cependant, pour certains toujours un problème, en effet certaines personnes sembleraient penser que la nature (ou une quelconque puissance divine) doit être seule à la source de toute chose. Mais ces modes de pensé devront nécessairement changer pour permettent de futurs progrès médicaux dans ce domaine.

Cette pratique provoque ainsi bien des conflits intellectuels entre des opposants qui selon leurs religions ne peuvent se permettent de modifier l'ordre naturel (ou divin) des choses. Elle soulève aussi des opposants “laïcs”, selon eux la maîtrise de ces techniques n’est pas suffisante pour permettre de l’utiliser sur l’homme. On peut leur répondre qu’au moment ou ces pratiques se feront, elle seront bien assez maîtrisées et qu’elles se perfectionneront encore avec le temps. Certains philosophes citeront KANT, en disant que ces pratiques mettent en danger “la valeur sans prix de l’Homme”, tout aussi bien que ces droits. Selon eux, elles mettraient nécessairement en cause la liberté des personnes à naître et leur dignité car elles mettent en jeu le fait qu’un embryon humain est une "personne potentielle" (expression du Comité national de bioéthique) à qui on doit reconnaître le droit de vivre sans violer son intégrité ; or un tel droit serait bafoué si l’on prétendait manipuler l’embryon pour la science -ici encore, définir quand commence la vie est plus une question religieuse et philosophique qu’une réelle question scientifique-. Les principales craintes les plus rationnelles semblent donc être que les manipulations sur l’embryon conduisent au mépris des droits de l’homme, ou qu’elles influent sur le déroulement de sa vie; voir plus gravement qu’elles mènent à l’eugénisme.

Le fait de savoir que l’on a été génétiquement modifié peut également avoir des conséquences psychologiques sur la personne en question. En effet, plus tard dans sa vie, quand il deviendra conscient qu’il a été fait dans le but d’être un Homme “amélioré”, il pourrait ne prendre s’identifier à sa propre «identité », née du fruit de manipulations génétiques. Cependant ces humains “améliorés” pourraient aussi regarder de haut tous les autres hommes “normaux” et l’on assisterait à une sorte de discrimination, on peut par exemple citer Bienvenue à Gattaca (Andrew Niccol) qui montre la sélection des meilleurs « éléments » génétiques pour les placer aux meilleurs postes accordés par la société ; dans le même temps, les gens conçus naturellement sont considérés comme des degènerés et relégués de ce fait à des tâches subalternes.

Cette pratique semble nous mener tout droit dans la voie de l’eugénisme. Le terme “eugéniques” fut employé pour la première fois par Francis Galton ; il est défini par l’ensemble des méthodes et pratiques qui permettent de modifier le patrimoine génétique dans le but de le faire tendre vers un idéal déterminé. Il peut être le fruit d’une politique menée délibérément par un État. Il peut tout aussi bien être le résultat collectif d’une somme de décisions individuelles convergentes prises par les futurs parents, dans une société où la recherche de l’« enfant parfait » primerait, et tout du moins où les enfants seraient dénués de toutes anomalies génétiques. Les manipulations viseraient donc à réduire les aléas au profit d’une détermination artificielle du programme génétique constitutif de l’identité de la personne, fondement de la reconnaissance de ses droits inaliénables Dès lors que cette programmation serait l’expression du désir des parents l’enfant serait donc dès l’origine prédéfini comme moyen et non comme une fin. La pensée eugénique a été très diffusé durant le XX ème siècle, de ce fait de nombreuses politiques se sont développées avec la mise en place de politiques de stérilisation et parallèlement la restriction de l’immigration et du mariage (entre différentes “castes” mis en place par le régime nazi). Ces politiques ce sont développées notamment au États Unis ainsi que dans certains pays européens avec à leur chef, l’Allemagne nazie. Dans notre période contemporaine les avancées de la science permettent désormais de pouvoir choisir sa descendance (Diagnostique Prénatal/implantatoire) mais aussi de la créer selon ses envies (Modifications génétiques)

CONCLUSION

Les techniques médicales modernes, permettent aujourd’hui de modifier le génome de l’être humain ; ces techniques sont pour le moment illégales en raison de leur faible fiabilité mais, dans un futur proche, ces manipulations pourront être effectives, au même titre que le clonage humain, qu’il soit thérapeutique ou reproductif. Il conviendra dès lors de mettre des limites à ces pratiques sans quoi les dérives seraient inévitables et pourraient mener à une vague eugénique voir à la création d’humain “supérieurs”, en revanche ces modifications pourraient avoir une vertue thérapeutique car elles permettraient de guérir des maladies génétiques et autres cancers.

Ces modifications inquiètent de nos jours l'opinion publique et il ne pourrait en être autrement vu la nature de ce sujet et des modes de pensées différents. On ne peut cependant (et cela est unanime) laisser des scientifiques jouer aux dieux en créant des être améliorés, cela serait contre nature et source de nombreuses injustices dans divers domaines (sport, etc). Cependant, ces modifications ont tout de même un avenir moins controversé car celles-ci nous permettraient de guérir de nombreuses maladies. Les modifications génétiques ouvriront donc des portes à des utilisations thérapeutiques de cette technique mais il sera nécessaire de limiter cette pratique pour en éviter toute dérive.